Comment je suis passé d’une sportive a2 à la mt-07 et pourquoi ça a changé mon regard

mai 21, 2026

Ma sportive A2 me cassait déjà les épaules à 7h18, devant Borie Motos, quand je partais pour le bureau. Après 6 mois, la selle ferme, les poignets en appui et l’air froid dans le casque m’avaient vidé avant même le premier café.

Le jour où j’ai pris une MT-07 pour 12 kilomètres de ville et de périphérique, j’ai senti le contraste dès le premier rond-point. Le guidon m’a paru large, le moteur plus rond, et j’ai arrêté de serrer les dents. Je vais te dire pour qui la MT-07 est la plus pertinente, et pour qui ma sportive A2 reste le moins mauvais choix.

Ce que je cherchais vraiment quand j’ai choisi ma première grosse

Je roulais déjà depuis quelques années, et je voulais une moto qui serve tous les jours. Je suis père de famille, je pars tôt, je rentre tard, et je ne voulais pas d’un jouet qui reste sous la bâche du lundi au vendredi.

Mon usage était simple. 14 kilomètres pour aller bosser, des petites sorties le dimanche, et par moments une balade de 80 kilomètres quand j’arrivais à décrocher. Je cherchais une moto qui accepte le quotidien sans me punir le matin ni me laisser épuisé le soir.

J’avais un budget serré, fixé à 5 700 euros, et je ne voulais pas passer mes week-ends à bricoler. Avec un permis A2, je visais aussi une machine facile à prendre en main, avec peu d’entretien, pas une bête qui demande de la patience à chaque révision.

J’ai pourtant choisi une sportive A2 au départ. L’image me plaisait, le carénage me parlait, et sur le papier la puissance semblait plus flatteuse qu’un roadster. Deux amis m’avaient aussi vendu l’idée qu’une position engagée me ferait progresser plus vite. J’y ai cru, un peu trop.

La MT-07 était déjà dans mon coin de tête, avec quelques roadsters rivaux comme la Kawasaki Z650 et la Honda CB500F. Je regardais aussi une Yamaha R7, mais son côté plus tendu me ramenait vite à la même question : est-ce que je veux rouler, ou me battre avec ma moto ?

Le jour où j’ai compris que la sportive ne me convenait pas

Un mardi de novembre, sous une pluie fine, j’ai pris la route avec 4 degrés au thermomètre du tableau de bord. Au bout de 23 kilomètres, j’avais les poignets en feu et le haut du dos raide. La position basculée vers l’avant me tenait les bras en tension, et chaque dos-d’âne me rappelait que je n’étais pas sur un billard.

La limite ne venait pas que de mon corps. Le moteur, trop haut dans les tours, manquait de souplesse en ville. À bas régime, je devais jouer avec l’embrayage et le sélecteur, alors qu’un roadster te laisse respirer. L’ordinateur affichait 5,9 l/100, et le frein avant me paraissait par moments trop sec dans les manœuvres lentes.

Le vrai tournant est arrivé après une chute lente à l’entrée d’un rond-point. J’ai posé le pied trop tard, la moto a glissé sur 2 mètres, et j’ai fini avec une écaille sur le flanc. Ce jour-là, en glissant lentement sur le bitume mouillé, j’ai vraiment mesuré à quel point la sportive A2 pouvait se retourner contre toi quand tu t’y attends le moins.

Pas terrible. Vraiment pas terrible. Le pire, c’est que je n’avais même pas eu l’impression de rouler fort. J’avais juste empilé de la fatigue, du froid et des gestes inutiles. Au bout de 6 semaines dans cet état, j’ai compris que je n’aimais plus l’heure du retour.

Ce que j’ai perdu, ce n’était pas seulement du confort. J’avais moins de disponibilité mentale, moins d’envie de sortir le soir, et moins d’attention dans les carrefours. Une moto qui te pompe déjà avant le trajet te laisse moins de marge quand la circulation devient sale.

Trois semaines avec la MT-07, ce qui fait vraiment la différence

La première chose qui m’a frappé, c’est la position. Je me suis installé droit, les épaules relâchées, avec un guidon plus large qui donne tout de suite une sensation de contrôle. Au premier feu rouge, je n’avais déjà plus cette crispation dans les poignets.

Le moteur CP2 de 689 cm3 change tout à bas régime. Il repart sans râler, il accepte les relances à 2 500 tours, et il garde un couple franc sans me forcer à le tenir haut. C’est ça que beaucoup ratent : la MT-07 n’est pas paresseuse, elle est juste plus lisible.

Le freinage m’a paru plus progressif, avec une attaque moins brutale que sur ma sportive. Le poids contenu aide aussi. Quand je me faufilais dans la circulation, je sentais la moto plus simple à placer, surtout dans les demi-tours serrés et les stationnements de fin de journée.

Sur mes trajets mixtes, elle a été à son aise partout. En ville, elle ne m’épuise pas. Sur la rocade, elle tient son rang sans me taper dans les bras. Sur les petites routes, j’ai retrouvé du plaisir sans devoir rouler à l’attaque. Avec la MT-07, j’ai redécouvert qu’une première grosse pouvait simplement servir au quotidien. Elle n’avait pas besoin d’être un challenge à chaque feu rouge.

La surprise, c’est qu’elle ne m’a pas ennuyé. Je l’imaginais trop sage, presque trop simple. En réalité, elle a un côté vivant qui donne envie d’ouvrir un peu, juste pour sentir la poussée. J’ai gardé du plaisir au guidon, mais sans payer ce plaisir par une nuque raide le soir.

Après 3 semaines et 428 kilomètres, mon jugement était net. La sportive m’impressionnait plus. La MT-07 me donnait plus envie de rouler. Et entre les deux, mon choix s’est fait sans théâtre.

À qui je recommande la MT-07 et à qui je la déconseille

Pour qui oui

Je recommande la MT-07 à un motard A2 qui fait 10 à 20 kilomètres par jour et qui veut une machine facile à vivre. Je la vois aussi très bien pour un parent qui ne roule que le matin et le soir, avec peu de temps pour l’entretien. Elle marche bien pour quelqu’un qui veut sortir le week-end sans se demander s’il va subir sa moto avant d’en profiter.

Je la mets aussi dans les mains d’un débutant qui accepte une moto assez vive, mais pas piégeuse. Le moteur pardonne mieux que celui d’une sportive, et la position redonne de la marge dans les embouteillages. Pour un budget de 6 000 à 7 500 euros sur le marché de l’occasion, je trouve que le rapport plaisir-usage tient très bien.

Pour qui non

Je la déconseille à celui qui veut une vraie discipline de pilotage et qui rêve de freinages tardifs, de bulle et de carénage. Je la déconseille aussi au grand rouleur qui enchaîne 250 kilomètres d’une traite, parce que l’absence de protection au vent finit par peser. Et je ne la vois pas comme mon premier choix pour un grand gabarit qui veut beaucoup d’espace aux jambes.

  • KTM Duke 790 A2, pour un côté plus incisif
  • Yamaha R7, pour rester dans une logique sportive
  • Honda CB500X, pour rouler plus haut et plus détendu

Je ne dis pas que la MT-07 est parfaite. À 130 kilomètres d’affilée, je sens les vibrations dans les mains. Sans bulle, le buste prend tout. Et sur une chaussée cabossée, la selle reste ferme. Mais ces limites me paraissent nettes, pas rédhibitoires.

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

Pour qui oui

Je la valide pour le motard A2 qui roule 3 à 5 jours par semaine, fait surtout de la ville et du périphérique, et veut une moto qui ne lui vole pas son énergie. Je la valide aussi pour le père de famille qui n’a que 20 minutes le matin et qui veut retrouver du plaisir le soir sans douleur. Je la valide enfin pour celui qui accepte de troquer le look radical contre une vraie facilité au quotidien.

Pour qui non

Je la déconseille à celui qui cherche le frisson d’une sportive, le carénage d’une machine de piste, ou les longs trajets à rythme soutenu. Je la déconseille aussi à celui qui veut une bulle, une selle moelleuse et une position d’endurance sur 300 kilomètres. Et je l’écarte pour le pilote qui préfère passer son temps à parler réglages plutôt qu’à rouler.

Mon verdict: je choisis la MT-07 sans hésiter, parce qu’elle m’a rendu la route plus simple et plus agréable que ma sportive A2. J’ai compris ça chez Borie Motos, après 12 minutes d’essai. C’est ce que je cherchais : une moto qui compte autant pour le trajet que pour l’envie de rouler.